Bref historique
L'idée de créer un syndicat étudiant de lutte à Paris VII remonte au mouvement contre la LRU en 2007. Ce mouvement était relativement puissant à Paris VII: des Assemblées Générales ont eu lieu chaque semaine, certaines ont réuni plus de 500 étudiants. Ces AG ont décidé et mis en oeuvre des méthodes de lutte comme : la grève avec piquets de grève pendant plusieurs semaines, la participation aux manifestations, la recherche de la convergence avec la lutte des cheminots de la gare d'Austerlitz, etc.
Ce mouvement n'a cependant pas réalisé toutes ses potentialités, et l'absence d'un syndicat étudiant de lutte n'y est pas étrangère. En effet, l'UNEF a toujours condamné la mise en place des piquets de grève, et dès que Pécresse a annoncé ses mesurettes, elle a appelé à cesser le mouvements. La TUUD a quant à elle soutenu les piquets de grève, mais s'est opposée à ce que ceuxci durent plus de un ou deux jours de suite. Elle s'est aussi opposée aux actions visant à développer la convergence interprofessionnelle telles l'envoi de délégations aux AG de cheminots.
Partant de cette situation et du constat de la division des syndicats de lutte à l'échelle nationale, l'AG de Paris VII a lancé, à la fin du mouvement, l'appel pour une Organisation étudiante unitaire de lutte. Une telle organisation regrouperait les comités de mobilisation constitués pendant le mouvement contre la LRU et unifierait en les dépassant les différentes fédérations et syndicats de lutte existant (FSE, SUD, TUUD, CNT etc).
Dans la foulée, plusieurs militants du comité de mobilisation ont créé le collectif "Lutte Étudiante", qui se concevait comme structure temporaire de discussion et d'action ayant pour objectif de rejoindre à terme une Organisation nationale unitaire de lutte. À noter que les militants de la TUUD ont refusé de participer à ce collectif.
Pendant sa brève existance, Lutte Étudiante a eu cependant un certain nombre d'activités, comme
– soutien aux sanspapiers du foyer "Terres aux Curés" (voir tract cijoint)
– campagne pour les élections au CA sur une orientation de lutte (voir profession de foi et tract ci
joints)
– campagne commune avec la FSE Paris I pour les élections au CROUS de Paris
Pourquoi nous avons rejoint la FSE
Nous avons constaté, à la rentrée 2008, que l'appel pour une Organisation étudiante unitaire de lutte n'a finalement pas débouché sur la dynamique constituante que nous avions espérée. Or, il n'était pas concevable pour nous de rester indéfiniment un collectif isolé. C'est pourquoi nous avons jugé nécessaire de rejoindre la Fédération Syndicale Étudiante, notamment pour les raisons suivantes:
– Sur le plan programmatique, la FSE reconnaît la lutte de classe, et dans celleci, elle est explicitement du côté des travailleurs salariés. La FSE se prononce contre la cogestion, pour la lutte, pour l'autoorganisation.
– Sur le plan organisationnel, la FSE a un fonctionnement plutôt démocratique, antibureaucratique, reposant sur le mandatement.
– Sur le plan pratique, la FSE a su élaborer très rapidement une critique rigoureuse du rapport Hetzel, précurseur de la LRU et a pris la responsabilité, dès fin 2006, de lancer une campagne nationale contre ce rapport. Elle a ensuite participé au CECAU qui a contribué à lancer le mouvement contre la LRU. Enfin, pendant ce mouvement, elle a défendu et contribué à mettre en place, là où elle était présente, les piquets de grève, elle a appelé à construire la convergence interprofessionnelle, elle a su démasquer les manoeuvres de Pécresse et de Julliard, etc.
– La FSE s'est prononcée, en tant qu'organisation nationale, en faveur du processus de fusion avec SUDÉtudiant. Cela va dans le sens de notre démarche pour l'unification du syndicalisme de lutte.