En ce moment, sur nos universités, l'UNEF fait signer une pétition intitulée « Egaux
dans les amphis, inégaux devant la loi! Signez la pétition de l'UNEF ! » sur la question
des étudiants étrangers. Cette pétition, accolée d’un appel, a été signé par de nombreuses
organisations dont celle cogérant la misère ou participant indirectement au processus des
réformes du gouvernement.
La Fédération syndicale étudiante se refuse à signer cette pétition. Non pas que nous
refusions de nous engager auprès des étudiants étrangers. La FSE est solidaire au quotidien
auprès des étudiants et travailleurs sanspapiers qui se battent pour leur régularisation.
Mais nous ne nous reconnaissons pas dans le contenu de l’appel : L'UNEF réclame la
régularisation des étudiants sanspapiers sous prétexte qu'ils sont utiles à l'impérialisme
français.
En effet, de quoi s'agitil d'autre, lorsque le texte affirme :
« La législation régissant l’accueil des étudiants étrangers [se fait] au détriment du
développement et de l’attractivité de nos universités»
« Nous affirmons que le dynamisme et la participation des étudiants étrangers à la vie des
universités sont un atout pour nos établissements et pour le rayonnement scientifique de notre
pays. Ces étudiants, dont la plupart sont originaires de l’espace francophone, contribuent [...]
au dynamisme de notre langue et de l’expression culturelle française dans le monde.»
Derriére cette vision utilitariste, On trouve également des références à « la tradition
d'accueil de la France »...Tradition d'accueil de qui ? Des immigrées surexploités, de ceux
qui fuient la misère entretenue par le pillage de leur pays par la France ? A moins qu'il ne
s'agisse des Bongo, Sassou Nguesso et autres dictateurs corrompus qui viennent
tranquillement passer leur vacances à Paris ?
De plus, quelle hypocrisie chauvine de parler d' « espace francophone » et de
«rayonnement international » pour ne pas parler du néocolonialisme !
Qui plus est, en accolant la régularisation des étudiants sans papiers à la mise en
place d’un titre de séjour pluriannuel, l’UNEF mache la miette qu’elle obtiendra par le
gouvernement.
Nous regrettons par ailleurs que nos camarades de SUD étudiant aient signé cette
pétition. Le syndicalisme de lutte se construit sur la démarcation claire avec l'idéologie
dominante, et nous ne devons pas être pris au piège de l' « unité à tout prix ». L’unité ne
prime pas sur le combat des classes populaires.
Bien sur, la FSE est ouverte à l'unité d'action, y compris avec des militants de l'UNEF,
pour construire un vrai rapport de force aux côtes des sanspapiers. Mais arracher des
papiers pour tous et l'abrogation des lois racistes implique de combattre le chauvinisme
ambiant, pas de s'y soumettre et de le relayer en faisant des clins d'oeils à la bourgeoisie et
à ses intérêts économiques !
Exigeons ensemble l'abrogation des lois racistes et la régularisation de tous les sans
papiers !