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Le fascisme
par adminfse, le 14 Mars 2009 à 20:03Le fascisme est un mouvement récent inhérent à la société capitaliste, il se nourrit de sa crise. L’essence centrale du fascisme est l’anti-communisme et la lutte contre les organisations progressistes. Ses caractéristiques sont l’utilisation systématique de la violence terroriste, illégale (c’est à dire pas celle de l’état : police, armée) par des groupuscules soutenus par la justice bourgeoise. Le fascisme est historiquement un mouvement organisé par l’impérialisme à la suite du succès de la révolution d’octobre 1917 et de l’entrée dans l’époque de la révolution mondiale. En effet, c’est lorsque les masses ouvrières se sont organisées contre la bourgeoisie, et donc en position de retourner ce pouvoir que le fascisme est né.
Le mouvement fasciste est né en Italie, autour de la gauche belliciste. Il ne se développera que quelques années plus tard, grâce aux subventions de la ConfIndustria et de la ConfAgricultura, c’est à dire deux puissants lobbies de propriétaires inquiétés par la vague révolutionnaire qui a suivi la fin de la 1ere guerre mondiale. Ces troubles sont particulièrement importants en Italie : grèves générales, occupations des terres et des usines, collectivisations, réquisitions et redistribution de nourriture...Les livres d’histoire ont « oublié » ces évènements qui ont sérieusement fait craindre, de 1918 à 1920, l’extension de la révolution Russe. Payés pour attaquer les travailleurs en grève, puis directement les locaux syndicaux et politiques, les fascistes peuvent ainsi recruter , en les payant, des déclassés qui voient ainsi un travail facile. Ces troupes sont essentiellement composées d’anciens soldats au chômage, peu politisés ayant pris goût à la violence durant la guerre, ou parce qu’issus du lumpen prolétariat le plus défavorisé qui a rarement d’autre choix pour survivre. Dès les premières attaques, les soldats démobilisés sont payés par l’état pour s’engager aux cotés des fascistes , et la police reçoit l’ordre de laisser faire les fascistes, elle recevra plus tard l’ordre d’y participer ; ce qui prouve bien la totale complicité du système en place, qui compte sur ce bras armé pour se protéger du prolétariat militant.
La refondation du parti Nazi (le NSDAP, parti national-socialiste des travailleurs allemands, en français) par Hitler suit à peu près la même voix : Hitler s'empare grâce à sa verve oratoire d'un petit groupuscule nationaliste à l'idéologie vaguement anti-capitaliste, mais prônant, contrairement aux socialistes, non pas le développement, puis la collectivisation de l'industrie, mais le retour à l'artisanat. En cela, malgré son nom, et comme sa composition en atteste, il ne s'agissait pas d'un parti ouvrier mais de petits propriétaires et d'artisans. Il le fait grossir en le liant aux corps-francs du SPD Noske qui étaient chargés par le gouvernement bourgeois du SPD Ebert de liquider les conseils ouvriers qui avaient fait tomber le régime impérial à la fin de la guerre. Le gouvernement ne pouvait alors avoir recours à l'armée officielle, puisque les soldats fraternisaient avec les ouvriers et étaient même à l'origine de cette évolution pacifique. C’est aussi en pratiquant la violence anti-syndicale et anti-communiste que le NSDAP recrute largement dans les couches déclassées, mais sa tentative de coup d’état est un échec : la bourgeoisie n’a pas encore besoin d’Hitler. La crise s’installant, elle aura besoin de lui, d’autant que les masses sont à nouveau tentées par les solutions radicales puisque les réformistes de droite comme de gauche ont fait la preuve de leur incapacités. Les juifs, responsables désignés de tous les maux de l'Allemagne depuis déjà longtemps, ont joué le rôle de bouc émissaire, permettant ainsi de justifier le changement d’orientation des luttes populaires. Ce racisme est devenu l’outil du nazisme. Ce racisme est par exemple totalement absent de l'idéologie fasciste italienne: il faudra attendre la satellisation de l'Italie par le Reich, en 1938, pour que les premières lois racistes apparaissent en Italie, soit 16 ans après la prise du pouvoir par Mussolini ; fascisme et racisme ne sont pas nécessairement liés.
Nous constatons que le fascisme est le bras armé de la bourgeoisie, il est la troupe de choc de la contre révolution mondiale. Avec la naissance du mouvement fasciste, la bourgeoisie fait monter d’un cran la lutte contre la classe des travailleurs, des organisations syndicales et politiques. Le fascisme est une entreprise de propagande pour dévier les masses de leurs intérêts de classe, au profit d’entreprises racistes, nationalistes et militaire. Les caractères militaires et politiques sont indissociables. Il s’agit d’une luttes à mort organisée contre les organisations prolétariennes pour asseoir le pouvoir et la victoire de la bourgeoisie. Le fascisme n’est pas un parti représentant la petite bourgeoisie, même si, victime de la crise et nourrie d’anti-communisme, elle en est toujours la principale composante. Le fascisme est une entreprise organisée par la bourgeoisie impérialiste dans le cadre de la lutte des classes.
Trois phases du fascisme :
1- vue comme mouvement autonome : groupuscules avec un discours anti-capitaliste pour attirer les masses populaires.
2- devient un mouvement instrumentalisé : ils obtiennent le soutient de la bourgeoisie et du capital contre un retrait du discours anti-capitaliste, afin de briser la lutte des masses défendant leurs intérêts de classe.
3- le fascisme au pouvoir : ex Italie, Allemagne, Espagne, Portugal, Turquie...Puis tous les satellites du IIIeme Reich.
A l’heure actuelle, nous pouvons constater que nous sommes dans la première phase, ils vont chercher à saper l’effort des forces progressistes pour leurs permettre de s’implanter parmi la classe populaire (les travailleurs et le lumpen prolétariat). Ils cherchent la collaboration de classe et ainsi priver la classe ouvrière et leurs organisations de leur autonomie politique pour devenir l’interlocuteur des bourgeois sur le terrain social ( rôle tenu par les sociaux- démocrates avec des outils différents : la cogestion et le compromis, là où les fascistes utiliseront la violence et l’intimidation).
Contrairement aux idées reçues, Sarkozy n’est pas un fasciste. Il n’instrumentalise pas le fascisme, mais applique des directives économiques ( ex : lois sur l’immigration, traques des sans papier...), le caractère raciste est là pour justifier cette politique . Voilà le paradoxe : il est le représentant d’une droite dure, impérialiste et capitaliste, mais il n’a pas besoin de recourir aux groupuscules fascistes car les organisations prolétariennes ne risquent pas de remettre en cause les intérêts de la classe bourgeoise. Tant que les masses ne feront pas peur aux gouvernements, ils continueront d’employer des méthodes légales de répression par l’intermédiaire de la police et de l’armée.
C’est pour cela que l’AGEL-FSE ne parle pas de fascisation. Malgré l’intransigeance dont le gouvernement fait preuve et l’entrée dans un phase de radicalisation de moyens de répression, nous ne sommes en rien entrés dans une phase de fascisation de la société. Les intérêts de la classe dominante ne sont ni en danger, ni suffisamment remis en cause par les masses pour que la bourgeoisie ait besoin d’avoir recours au fascisme. Certes tout s’aggrave pour les travailleurs, les chômeurs, les précaires etc... mais rien ne justifie pour l’instant l’utilisation de forces répressives illégales caractéristiques de tout système fasciste.
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